Des Racines & Des Paires – Épisode 2 : Air Jordan

Un choix à contrecoeur

Imaginez le fameux ballon ailé, dit « Wings », de la Air Jordan 1 inscrit sur le côté d’une paire aux trois bandes. C’est bien ce qui aurait pu arriver si Michael Jordan n’avait pas décidé de signer avec Nike. En effet, His Airness – surnom donné à MJ du fait de son incroyable détente et de sa capacité à rester dans les airs lorsqu’il vole vers le panier (hang time) – était un fan incontestable de la légende des Los Angeles Lakers des années ’80, Earvin Magic Johnson qui jouait tous ses matchs dans des chaussures Converse. Comme son idole, Jordan empilait les paniers dans des chaussures de la même marque.

Juin 1984, Jordan est drafté en 3ème position par les Bulls de Chicago. L’été suivant est marqué par la médaille d’or aux Jeux Olympiques qui va mettre encore plus en évidence le talent de la future légende des Bulls, de la NBA et du basket en général.

Sonny Vaccaro, commercial freelance chez Nike, suivait les exploits de la star montante depuis ses débuts à l’Université de North Carolina. Il avait déjà cerné le talent, la détermination ainsi que l’impressionnante confiance en soi qu’Air Jordan avait développé dès le début de sa carrière. Malgré les réticences du président de Nike, Phil Knight, qui n’était pas convaincu par ce jeune espoir n’ayant pas encore foulé les parquets de la NBA, S.Vaccaro réussit à le convaincre de faire signer un contrat au jeune MJ.

Il s’agit d’un contrat record pour l’époque, d’une valeur de 2,5 millions de dollars sur 5 ans, sans oublier les royalties pour chaque article vendu. Ce contrat intègre la création d’une ligne de vêtement et de sneakers portant le nom de Jordan. Du jamais vu dans le monde du sport à l’époque. Jordan, qui souhaitait toujours signer avec Adidas, était prêt à accepter un contrat moins juteux avec la marque allemande et ainsi décliner l’offre de Nike, mais Adidas n’était vraiment pas intéressé par le jeune médaillé Olympique dont le potentiel n’avait pas charmé la marque aux trois bandes. Sous l’impulsion de Deloris Jordan, sa mère qui ne comprenait en aucun cas pourquoi son fils hésitait encore, MJ signa alors le contrat de Nike sans faire durer le suspense, exemple que n’a pas suivi Kawhi Leonard pour nous faire part de sa décision de signer aux LA Clippers. Adidas regrettera à vie cette décision de laisser filer le joyau Jordan à la marque à la virgule.

Le premier Logo, nommé Wings, fut imaginé et dessiné par Peter Moore. Ce dernier l’aurait créé lors d’un vol à destination de Chicago et en provenance de Portland, ville qui avait notamment préféré à la future légende des Bulls le pivot Sam Bowie, choisi en 2ème position lors du soir de la Draft 1984.

The Ban

En attendant la sortie officielle de la Air Jordan I en 1985, qui sera déclinée dans les trois coloris suivants : Black & Red (Bred 1), White & Red (Chicago 2), White & Grey (3) , MJ débuta la saison, en octobre 1984, contre les New York Knicks avec la Nike Air Ship (4) aux couleurs de la Air Jordan I Bred. Malheureusement, il n’existe aucune photo en couleur de la paire portée mais on distingue clairement que le blanc n’est pas la couleur dominante.

En effet, la Nike Air Ship violait la seconde règle de la NBA concernant les baskets autorisées pour les joueurs. Cette règle, appelée la « 51 % Rule », stipule que les baskets doivent comporter au moins 51 % de blanc.

La NBA décidera tout simplement de bannir cette paire via un communiqué, après que l’arrière des Bulls l’eut portée toute la première moitié de la saison 1984-1985.

Par la suite, la NBA infligera 5 000 dollars d’amende à Michael pour chaque rencontre disputée avec la fameuse paire interdite. Nike ayant bien compris que les gens aimaient l’interdit, la marque se chargera de payer chaque amende et profitera de cette interdiction pour créer une publicité d’envergure concernant la sortie de la Air Jordan 1 Bred avec le slogan suivant : « The NBA threw the model off the game, fortunately the NBA can’t stop you from wearing them ». (La NBA a interdit ce modèle durant les matchs mais heureusement la NBA ne peut pas t’interdire de les porter.)

Heureusement cette règle a été abrogée dès les années 2000, pour le plus grand bonheur des fans et des joueurs.

Arriveront ensuite la Air Jordan I Royal Blue (5), dont le coloris fut choisi par His Airness lui-même, ainsi que la fameuse Air Jordan I Chicago (2) que le surnommé GOAT portera à chaque match jusqu’au début de la saison 1986-1987, année de sortie de la Air Jordan II.

La Air Jordan I Chicago sera rendue célèbre notamment par une performance historique au 1er tour des Playoffs 1986 où il culmine à 63 points contre les Celtics de Larry Bird, futurs champions cette année-là.

Malgré une défaite en double prolongation des Bulls, Larry « Legend » Bird prononcera ce jour là une phrase à jamais gravée dans l’histoire : « C’était Dieu déguisé en Michael Jordan ».

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La confiance totale de Nike envers MJ

La Air Jordan II adopte un style beaucoup plus épuré que sa petite soeur la Air Jordan I, notamment avec la disparition du Swoosh (la virgule Nike), pourtant symbole emblématique de la marque, ainsi que le logo Wings qui apparaît désormais sur la languette de la chaussure.

La disparition du Swoosh dès le 2ème modèle de la gamme Jordan montre directement l’impact culturel auquel a contribué le joueur en un an seulement. Qui aurait cru que la marque accepterait de supprimer son propre logo pour simplement laisser le Wings de Jordan ? Il faut donc souligner toute la confiance qu’avait Nike envers son protégé, ainsi que la superstar qu’il allait devenir.

Jordan martyrisera les cercles avec cette paire aux pieds jusqu’en janvier 1988, notamment lors son exploit de 63 points le 4 mars 1987 face aux Bad Boys de Detroit.

Une nouvelle dimension

Arrive alors, en 1988 la révolution dans l’histoire de la marque Jordan : la Air Jordan III qui envoutera les fans, tout d’abord par l’apparition du logo Jumpman, dessiné par le designer Tinker Hatfield, auteur des iconiques Air Max 1 et Air Max 90, et par l’apparition du coussin d’air.

Peter Moore s’est inspiré d’une photo publiée dans Jordan In Life Magazine et décide de reproduire en studio cette image car le cliché était protégé. On a donc la scène suivante à partir de laquelle T.Hatfield pour dessiner la fameux Jumpman.

Une image en particulier a rendu cette paire connue aux yeux du monde entier. Chaussé de ses Air Jordan III White & Cement Grey, MJ s’envole de la ligne des lancers francs et nous offre l’iconique « Free Throw Line Dunk » pour remporter le Slam Dunk Contest 1988.

La Air Jordan III reste à ce jour l’un plus grand succès de Nike, et est considérée par de nombreux sportifs comme la meilleure sneaker de tous les temps. Ce n’est pas un hasard si le #23 les considère comme la meilleure paire pour scorer sur la tête de ses adversaires. Une seule paire parviendra à détrôner la Air Jordan III dans le coeur de Sa Majesté : la Air Jordan XI.

Cette dernière fut la basket qu’il portera en 1995 lors de son grand retour dans la ligue. A la suite du décès de son père – James Jordan – en juillet 1993 et après son 1er Three Peat (lorsqu’une équipe remporte le titre NBA 3 années d’affilée), il décide, en effet, de prendre une première retraite sportive afin de se consacrer au baseball, sport de prédilection de son défunt père qui rêvait de voir son fils exceller avec une batte en mains.

L’ascension vers les sommets

Jordan signe en 1988 un nouveau contrat avec Nike évalué à 25 millions de dollars. Face à l’ampleur du succès des sneakers Air Jordan, la marque à la virgule décide en 1997 d’en faire une sous-marque à part entière : la Jordan Brand.

Cet évènement est marqué par la sortie de la Jordan XIII et son oeil holographique qui permet d’afficher soit le Jumpman, soit le #23 et dont le design de la semelle s’inspire des pattes d’une panthère.

On compte dorénavant entre une vingtaine et une trentaine de sorties par an, Nike ayant décidé de décliner un seul et même modèle sous diverses formes chaque année.

Ainsi depuis la signature du contrat avec l’arrière des Bulls en 1984, la marque propose aujourd’hui plus d’une trentaine de modèles, déclinés sous plusieurs aspects, dont voici un récapitulatif en attendant la prochaine paire : la Air Jordan XXXIV.

Selon le classement Forbes de 2015, Jordan a atteint le milliard de dollars cette année-là. Cette fortune prend en compte évidemment, l’évaluation de la marque Jordan mais aussi sa participation au capital des Charlotte Hornets. Sa fortune est désormais estimée à 1,9 milliards de dollars… De quoi diminuer les prix de certains modèles qui deviennent exorbitants.

davidlmlh

2 réflexions au sujet de « Des Racines & Des Paires – Épisode 2 : Air Jordan »

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