Interview – Rémi Reverchon, Journaliste Commentateur & Présentateur beIN SPORTS

 Cette semaine, nous nous sommes rendus dans les locaux de beIN SPORTS, afin de nous entretenir avec l’un des journalistes phares de la chaîne, Rémi Reverchon, animateur de NBA Extra, beINSIDE USA et du Sunday Night Live. Il nous a fait des confidences sur son parcours et sur sa passion pour les chaussures de basket avant d’aborder le thème du NBA Paris Game 2020 et de l’impact de Tony Parker sur la culture basket en France. 


« Je dépense ma thune dans les chaussures, je dépense mon temps à écouter de la musique et je perds mon sommeil à regarder des matchs.  »


 Sur son parcours : 

Dunkiin : Comment as-tu découvert la NBA ? 

Rémi : Ça remonte à longtemps maintenant. J’ai toujours été sportif et j’ai toujours regardé du sport. Quand j’étais gamin, mon premier amour, c’était la Formule 1. Je rêvais d’être pilote de F1 et ma première idole de jeunesse, c’était Ayrton Senna. La NBA, je m’y suis mis un peu tard bizarrement, contrairement à certains qui tombent dans le basket très jeunes. Quand j’avais 12-13 ans, j’habitais à Béziers, dans le Sud de la France et j’avais un pote qui s’appelle Nicolas Conte, qui jouait au basket. C’était un gros prospect Français, en sélection avec l’équipe de jeunes U13 ou U15. C’était la star du coin, tout le monde parlait de lui et voulait le voir jouer. J’ai commencé à aller voir ses matchs et j’ai pris goût au basket comme ça. Il était dingue de NBA et il m’a transmis sa passion. Il avait des posters d’Allen Iverson partout dans sa chambre, il en était dingue. On allait chez lui et il nous montrait ses magazines de basket. Aujourd’hui, on peut voir des matchs de basket partout sur Internet… à l’époque, on n’avait pas Internet. Mais du coup, c’est lui qui m’a transmis cet amour pour la NBA. Je me suis mis à jouer au basket et j’ai aimé ça. Je suis tombé là-dedans et je n’ai jamais décroché. 

D : Qui étaient tes idôles de jeunesse à la NBA ? 

R : J’ai découvert le basket, puis j’ai aimé le basket avec Iverson et Shaq, C’étaient les deux mecs du moment. Ils sont très différents pourtant mais ce sont eux qui m’ont fait aimer la NBA. Mon premier maillot, c’était un maillot de Shaquille O’Neal aux Lakers, mes premiers posters étaient ceux d’Allen Iverson. Après j’ai grandi en aimant Kobe. Pour moi, Kobe c’est au-dessus de tout. C’est parce qu’il est de ma génération. Il a commencé un tout petit peu après que j’aie commencé à m’intéresser au basket et il a arrêté il n’y a pas longtemps. Je l’ai suivi pendant toute sa carrière. J’ai eu la chance de vivre à Los Angeles, de l’interviewer, de le suivre au quotidien. Du coup, pour moi l’amour du basket, c’est Kobe. 

D : Comment es-tu arrivé sur beIN SPORTS ? 

R : Je suis journaliste, j’ai fait l’école de journalisme de Tours. Quand j’ai fini mon école, j’ai commencé à travailler sur Paris. J’ai bossé dans plusieurs rédac’, à la pige, dans le sport, pour L’Equipe TV à l’époque, EuroSport, et aussi aux sports sur BFM TV. Puis, après 3 ans, j’ai décidé de tenter l’aventure, de vivre aux States. Je suis parti m’installer à Los Angeles. Je venais de m’acheter une caméra et j’ai commencé à bosser depuis là-bas. J’étais à mon compte : je faisais de la NBA pour Canal+ ou des news pour BFM. Je faisais plein de trucs là-bas, c’était très cool. Et quand beIN s’est monté en 2012 – la chaîne a été lancée en juin 2012 – au début de l’année, en février ou mars, j’ai reçu un coup de fil de Charles Biétry. Il montait la chaîne, avait entendu parler de mon taf et il aimait bien ce que je faisais. Il cherchait des journalistes un peu polyvalents qui parlaient Anglais tout ça, donc j’avais un peu le profil. (Charles Biétry) m’a dit « Ecoute Rémi, si tu es prêt à rentrer à Paris, on te propose un contrat pour bosser chez nous. » J’ai dit oui, donc je suis rentré sur Paris et chez beIN Sports.

© Crédit photo : PANORAMIC

Sur la saison NBA 2019-2020 :

D : Cette saison, quelle équipe est la plus surprenante selon toi ?

R : Il y en a deux ou trois. J’aime beaucoup ce que fait Phoenix. C’est une équipe qui joue bien au basket alors qu’on n’y croyait pas trop, vu les saisons galères auxquelles ils nous avaient habitués dernièrement. Ils n’ont pas changé grand-chose : il y a eu l’arrivée de Ricky Rubio surtout, qui transforme beaucoup cette équipe. A Phoenix, c’est bien ce qu’ils font. Et là, même s’ils galèrent un peu à gagner des matchs en ce moment, je suis en train de tomber amoureux des Hawks d’Atlanta. Je trouve Trae Young trop fort. Je les ai commentés deux fois et j’adore leur jeu, c’est vraiment les « Baby Warriors ». C’est exactement ça. Ce sont les Warriors d’il y a cinq ans j’ai l’impression. Ça court vite et Trae Young, c’est Steph Curry 2.0. Vraiment, je kiffe cette équipe. 

D : Et l’équipe la plus décevante ?

R : Je suis très déçu par ce que propose Sacramento. Là en plus, j’ai vu qu’ils sont touchés par les blessures, De’Aaron Fox s’est blessé hier soir. Ils n’y peuvent rien pour le coup mais je les avais annoncés comme possible surprise cette année : je les mettais 7 ou 8 à l’Ouest et en fait, ils déçoivent beaucoup. Je m’attendais à ce que ce soit une équipe qui joue très vite, sur les bases de ce qu’on avait vu l’an dernier et bizarrement ce n’est pas le cas. J’ai vu deux de leurs matchs et je me suis un peu ennuyé pour être honnête. Donc voilà, un peu déçu par Sacramento. Ça joue de malchance avec la blessure de Steph Curry et celle de Draymond Green mais j’avais annoncé les Warriors très haut cette année et clairement, avec ce qui vient de se passer, on voit que ça n’arrivera pas.

D : Comment as-tu appris la nouvelle pour le NBA Paris Game ?

R : Pour être honnête avec vous, ça faisait 3-4 ans que c’était dans les tuyaux. Avec Xavier, on appelait nos contacts de la NBA en leur disant « Ça en est où ? » A chaque fois, on nous disait « C’est pas loin ». A chaque fois qu’on avait Adam Silver en interview, il nous disait « Oui, oui, on y pense ». Au bout d’un moment, on se disait qu’ils se fichaient un peu de nous parce que tous les ans, le match était à Londres. Je ne me rappelle pas du moment où je l’ai appris, ni quand ça a été confirmé. Mais évidemment, on a appris la nouvelle par nos contacts de la NBA, un peu en inside. Et on n’a pas pu en parler avant l’annonce officielle. C’était un peu secret défense mais oui, on l’a su avant le reste du monde. 

D : Et au niveau de l’affiche, tu le sens comment ?

R : Je vais être honnête avec vous. Pour un match NBA à Paris, tu aurais pu mettre les deux pires équipes de la ligue, New York face à Cleveland, j’aurais été content. Parce que tu amènes de la NBA à Paris, c’est de la NBA, donc c’est cool. J’ai l’impression qu’on ne se rend pas compte mais demain, tu amènes New York, tu peux avoir Frank Ntilikina, Dennis Smith, RJ Barrett…. Ça donne envie. A la NBA, il y a des talents partout. Aujourd’hui, Milwaukee, il n’y a rien à dire : il y a le MVP, c’est une équipe candidate au titre, c’est fantastique de l’avoir. Et puis Charlotte, je sais bien que c’est un peu dur, mais à Charlotte, ça gagne des matchs. J’espère que Nico Batum ira mieux d’ici là, qu’il pourra jouer. Il y a des mecs qui sont en train de montrer des trucs : Devonte Graham, ça joue au basket, Terry Rozier, ça joue au basket, donc vraiment, moi je suis ravi. Sincèrement, on va avoir une affiche de saison régulière à Paris, on a une chance incroyable. Pendant 4-5 jours, on va les voir à Paris, c’est génial. Non vraiment, on est chanceux. 

D : D’autres villes étaient en lice pour accueillir le match ?

R : Oui. Déjà à Londres, ils sont déçus de ne plus l’avoir du coup. Mais je peux t’assurer qu’en Europe, Berlin, Madrid, Barcelone… Ils veulent tous un match. La Turquie, le Qatar aussi. Il y a beaucoup d’endroits au monde qui aimeraient avoir un match de saison régulière. 

D : Comment l’évènement est-il organisé ?

R : Paris était candidate pour l’organisation d’un match depuis longtemps, et à partir de là, il y a eu des discussions. Puis, quand la NBA a vu que l’AccorHotels Arena avait été refaite, et qu’ils avaient passé du temps à Londres, la NBA a estimé qu’il était temps d’essayer un nouveau marché. L’opportunité s’est présentée mais oui, oui, c’est la NBA qui décide de tout. 

© Crédit photo : PANORAMIC

D : Et s’ils voient que ça marche à Paris, on pourrait avoir un autre match ?

R : Oui, sans dévoiler de secret d’état, il n’est pas impossible qu’il y ait un deuxième match derrière si cette année ça se passe bien. 

D : Il y aura un dispositif spécial proposé par beIN pour le NBA Paris Game ?

R : Ah oui. Ah oui oui oui. On va mettre le feu pendant une semaine. Ça va être une semaine de dingue parce que le 20 janvier au soir, c’est le Martin Luther King Day donc déjà on aura notre soirée NBA de fou en direct, toute la nuit. Dès le mercredi – le match c’est le vendredi soir – on sera en mode dispositif spécial pour le Paris Game. Mercredi, jeudi et vendredi, tous les midis, ce seront des émissions spéciales, à priori toutes tournées à Bercy, en direct de la salle, avec intervention des joueurs et plein de monde qui sera impliqué dans le match. Le vendredi, le soir du match, on prendra l’antenne 1h ou 2h avant, pour faire vivre tout ce qui se passe à Bercy, avec des interviews, des stars… Je reçois des coups de fil, des messages insta de joueurs de la Ligue 1, de handball… Tout le monde veut des places, tout le monde veut aller au match. Quand c’est des potes, ça se comprend mais quand c’est des mecs de Ligue 1 un peu côtés qui t’appellent pour te demander des places, ça prouve l’engouement du truc.

Sur la culture NBA : D : Passons maintenant à la spécialité du site, la culture NBA. Est-ce que tu peux nous donner ta définition de la culture NBA ?

R : La culture NBA, c’est une culture qui prend de l’ampleur depuis 2-3 ans. On s’en rend compte, nous qui diffusons de la NBA depuis un bail maintenant, ça fait 8 ans qu’on le fait sur beIN SPORTS. J’ai vraiment l’impression qu’aujourd’hui, tout le monde suit la NBA. En fait, j’ai l’impression que c’est le sport préféré des sportifs. Moi qui suis très sportif, qui m’intéresse à pleins de trucs, qui discute avec plein de gens : les footeux, les handballeurs, les rugbymen, un ancien champion de France de cyclisme… Aujourd’hui, tous les sports aiment regarder la NBA. Donc la culture NBA, c’est quoi ? C’est les États-Unis, c’est cette passion pour l’Amérique, pour le show, pour les qualités athlétiques des joueurs. Parce que la NBA, c’est des sportifs qui vont vite, qui sautent haut… C’est bien sûr la sape, porter une paire de Jordan… ce que je fais tout le temps à l’antenne. C’est la musique qui va avec : le hip-hop bien sûr mais pas que. Il y a aussi l’électro à Detroit, la country dans le Sud des Etats-Unis… Voilà, c’est un peu tout ça, c’est un mix de plein de choses et moi j’y adhère à 100%. 

D : C’est quoi ton aspect favori de la culture NBA ?

R : Pour te donner une réponse un peu littérale : je dépense ma thune dans les chaussures, je dépense mon temps à écouter de la musique et je perds mon sommeil à regarder des matchs. 

Sur les sneakers :

D : Quelle était ta première paire de chaussures de basket ?

R : Ma première paire ? Wow, ça remonte à quand j’avais 14-15 ans… J’ai un souvenir marquant : quand j’étais gamin, on achetait tous Mondial Basket, notamment parce que tous les mois, il y avait une page de pub pour un magasin – dont j’ai oublié le nom – qui était le seul distributeur de baskets NBA en France. Il y avait la nouvelle paire de Charles Barkley, la nouvelle paire de Shaquille O’Neal, etc. Et à l’époque, celle qui avait fait le buzz, c’était celle de Kevin Garnett : sa première signature, la Shox ou la FlightPosite. Bref, sa première paire, celle qui faisait un peu chaussure de l’espace en aluminium avec la fermeture verte au milieu. Je me souviens qu’elles valaient l’équivalent de 200 euros – 1200 francs à l’époque –ce qui était une blinde absolue. Personne ne pouvait se payer ça. Je vous raconte un peu ma vie, mais j’habitais à Béziers et en cours d’année, j’ai déménagé à La Rochelle. Le jour de mon départ, tous mes potes m’ont fait une surprise : ils avaient tous cotisé, ils avaient mis 50 francs chacun pour m’acheter la paire de Garnett. J’étais hyper ému, parce que ça coûtait un fric fou et je ne pensais jamais les avoir. Du coup, celles-là je les ai gardées, elles sont dans un carton chez mes parents. Ce n’était pas ma première paire, mais c’est celle qui m’a vraiment marqué. J’ai aussi eu des AND1 Tai Chi Mid, ça c’était un modèle culte pour moi. 

D : C’est quoi la dernière paire que tu as acheté ?

R : J’en achète tellement… Je me suis récemment acheté une paire de Jordan I. Il faut savoir que je suis obsédé par les Jordan I et les Jordan XI. J’ai sept ou huit paires de Jordan XI et six paires de Jordan I. Ce sont mes deux classiques à moi.

D : Tu as combien de paires dans ta collection ?

R : C’est marrant, j’ai des potes qui m’ont posé la question, du coup j’ai fait le compte. Chez moi à Paris, j’ai 85 paires, en sachant que je dois en avoir autant voire une centaine chez mes parents. Je fais un turnover, les vieilles qui sont vraiment trop usées, je les jette, ça ne sert à rien de les garder. Mais je pense être autour des 200 paires

D : D’où te vient cette passion pour les chaussures de basket ?

R : Je n’en sais rien. Ça fait partie de cette culture, je crois. Je me souviens qu’avec mes potes, on regardait les chaussures des mecs comme les Answer d’Iverson, et c’est quelque chose que j’ai gardé. Quand t’es gamin, tu ne vas pas demander à tes parents de te payer des chaussures à 150 euros, mais aujourd’hui je me fais des kiffs de temps en temps.

D : Pour toi, quelles sont les paires les moins belles sur le marché ?

R : Il y en a un paquet mais par exemple pour Jordan, de la Jordan XX à la dernière, je ne les porte plus. J’aimais bien les paires jusqu’à la Jordan XVII mais je ne suis pas fan des paires les plus récentes. Celles que j’ai racheté ce sont les Adidas Crazy 8 de Kobe, en jaune. (il cherche la photo sur son téléphone et nous montre la paire : et c’est un choix approuvé par Dunkiin). Il y a plein de paires que j’ai adorées. En N2, j’ai beaucoup joué avec les Huaraches 2K5. J’ai joué au moins 3 saisons avec celles-là. J’ai joué en Adidas aussi pendant un temps en Superstar basses. Et à la fin de ma carrière de basketteur, je jouais en Kobe, j’adorais les modèles de Kobe basses. Je n’ai jamais aimé les grosses chaussures. Les LeBron, je ne les ai jamais portées. Je n’ai jamais vraiment aimé les montantes – à part les Jordan – j’ai toujours préféré les basses pour jouer.

D : Qu’est-ce que tu penses des signature shoes qui sont sur le marché en ce moment ?

R : Le truc c’est que, comme je ne joue plus au basket maintenant, je n’achète plus de chaussures de basket. Les LeBron, Kyrie, etc, je les vois passer mais je n’ai plus de raison de les porter puisque j’ai arrêté le basket à cause de problèmes au genou. Maintenant, je fais du crossfit et je porte tout le temps les MetCon de Nike, et je les trouve très bien. 

Sur le lifestyle NBA : D : C’est quoi le dernier maillot de basket que tu as acheté ?

R : J’ai pris le maillot de LeBron aux Lakers, en jaune. Après j’essaye d’avoir tous les maillots des Français de la NBA. Tiens, je n’ai pas celui d’Evan à Orlando

D : Tu as combien de jerseys ?

R : Pas autant que les shoes. Je dois en avoir une trentaine chez moi. Je n’ai jamais été collectionneur de maillots. Ceux que je garde en tout cas, c’est tous ceux que je réussis à faire dédicacer. J’ai des maillots avec des dédicaces un peu touchantes de certains Français comme celui d’Ian Mahimi avec Dallas. J’ai 4 maillots de Nico Batum, celui de Charlotte, de Portland, de l’équipe de France et un autre, je ne sais plus d’où. J’ai des maillots dédicacés par des mecs de NBA aussi : j’ai un maillot de Kobe qu’il a signé quand j’ai fait l’interview pour beIN, il y a 3 ans déjà. Il a marqué : « To Remi, Do Epic Sh*t ». J’avais trouvé ça génial. C’est ma plus belle pièce. 

D : Que penses-tu du style vestimentaire des joueurs de la ligue, type Russell Westbrook, James Harden, Damian Lillard…. ?

R : Je trouve ça cool. J’aime bien les mecs qui se sapent un peu, qui aiment faire attention. Même si parfois il va trop loin, je préférerais toujours regarder un Westbrook plutôt qu’un Tim Duncan avec ses jeans trop larges.

© Crédit photo : PANORAMIC

D : Pour toi, qui est le joueur le plus stylé de la ligue ?

R : Ça dépend si on parle de sape pure et dure ou du mec qui a un peu de charisme sur le parquet. Parce que typiquement, Kobe c’est un mec qui a un charisme sans limite sur le parquet : les joueurs l’écoutaient, tu le voyais jouer sur le parquet et tous ses moves étaient élégants. Mais Kobe n’a jamais été un mec qui savait se saper, sauf sur la fin de sa carrière, quand il a été pris en main. Au début de sa carrière, il venait avec des survêt’ larges etc. Un mec comme LeBron a un charisme solide niveau sape. Regardez les images de l’ouverture de son école à Akron, dans l’Ohio. Il avait un costard à la Malcolm X, des lunettes, un col mao sans cravate… Très classe. 

D : Qui est l’icône culturelle de la NBA selon toi ?

R : L’incontournable, c’est Michael Jordan. Parce que c’est le premier. J’ai commencé à m’intéresser au basket sur la fin de sa carrière. Je vois Space Jam quand ça sort, etc. Rien que pour les chaussures, c’est lui qui a le plus marqué la ligue. Bien sûr, il y en a qui portent des LeBron ou des Kyrie mais dans 15 ans, on parlera toujours des Jordan XI, pas sûr qu’on parlera encore des Kyrie 3. Aujourd’hui, on peut penser qu’un Steph Curry a le potentiel pour faire changer les choses comme ça. Parce qu’il a une gueule d’ange, il a gagné des titres, il a développé la culture du shoot à 3 points et il fait rêver tous les gamins à shooter dans tous les sens. Il a une famille parfaite avec sa femme et ses filles… J’ai l’impression qu’il a un peu ce star power en lui. 

D : Plus que LeBron James ?

R : LeBron, il est marqué par ce débat du GOAT entre lui et Jordan. Pourtant, dans l’absolu, LeBron est irréprochable. Il a une famille toute mignonne, il a ouvert une école pour les gamins défavorisés, il tourne dans des films maintenant aussi. Oui, tu as raison, LeBron et Steph Curry sont au même niveau dans ce cas-là.

D : Tu parlais de films, selon toi qui est le meilleur acteur de la NBA ?

R : Attendez, faisons le point sur les joueurs qu’on a vu. LeBron est assez marrant dans ses films, surtout dans le film avec Amy Schumer, dont j’ai oublié le titre. Kyrie Irving est bien drôle même si « Uncle Drew » était quand même bien nul. Shaq avait voulu faire plein de trucs mais je ne l’ai jamais trouvé excellent dans les films et pourtant j’ai vu « Blue Chips », « Kazam »…. Par contre celui qui est légendaire et qui a fait un vrai taf, c’est Ray Allen dans « He Got Game »

D : Qui est le meilleur artiste musical de la ligue ?

R : Musicalement ? J’ai écouté l’album de Damian Lillard et j’ai trouvé ça pas mal du tout. Dans le registre crooner, Victor Oladipo a sorti des trucs pas immondes non plus, ça passe. Après il y a quand même beaucoup de daubes. (Rires)

D : Un petit mot sur la carrière de rappeur de Kobe ?

R : Ce n’était pas une réussite mais comme je n’aime pas dire du mal de Kobe, je n’en parlerai pas. (Rires)

D : Selon toi, quelle ville qui respire le plus la NBA ?

R : Je suis obligé de te dire Los Angeles. C’est ma ville à moi, j’ai vécu là-bas. Je suis un dingue de Los Angeles. Après est-ce que c’est la ville qui respire le plus le basket, je ne suis peut-être pas très objectif mais on peut jouer à Venice Beach, il y a deux franchises, il y a eu des stars de la ligue et des titres gagnés avec les Lakers… 

D : Et tu en penses quoi de la rivalité entre les Lakers et les Clippers cette saison ?

R : Je trouve ça bien. Moi qui aime cette ville, si potentiellement chaque année on pouvait aller à Los Angeles pour les Finales, je ne m’en plaindrais pas.

D : Quelle autre ville aimerais-tu visiter à l’Est pour des Finales NBA ?

R : On a fait Cleveland, et Toronto, c’est bien mais en juin, il fait encore froid. Je pense que si Boston y va cette année, ce serait fort à cause de la rivalité de fou avec Los Angeles et j’adore cette ville. Mais bizarrement – et je sais que Xav n’aimerait pas du tout – j’aimerais bien découvrir Milwaukee. C’est un peu une ville perdue mais c’est le côté des States que j’aime bien.

D : Quel est ton cinq majeur all-time ?

R : C’est marrant, tout le monde le fait, je n’ai jamais pensé à faire le mien. Avec des joueurs que j’ai connus en live…. Dans mon cinq majeur de coeur, je mettrais forcément Kobe, Iverson et Shaq, c’est sûr. Même si ça va faire beaucoup d’arrières dans le cinq, je vais mettre Tony Parker, parce que ça a changé beaucoup de choses pour nous. Et il faudrait que je trouve au moins un ailier à mettre là-dedans…. Je vais mettre LeBron James

Sur Tony Parker :

D : Comment as-tu vécu la cérémonie du retrait du maillot de Tony ?

R : Je l’ai vécu comme un fan Français plus que comme un journaliste. C’est-à-dire que je l’ai vécu avec beaucoup d’émotion. J’ai trouvé ça très beau. Tony était très bien et tous les invités aussi. J’ai adoré Boris dans son rôle un peu marrant et tout. Je trouve que c’est une très belle fin pour Tony, parce que cette dernière saison à Charlotte n’était pas nécessaire. Popovich était top dans son registre aussi. C’était long mais on a passé un bon moment.

D : Quel a été l’Impact de TP sur la culture basket en France ?

R : Il a tout changé Tony. Il a tout changé parce qu’il a montré que rien n’était impossible pour un Français à la NBA, qu’il était possible de réussir. C’est pour ça que depuis lui, tous les joueurs qui sont en centre de formation basket veulent aller à la NBA. C’est grâce à lui. Il y a eu Tariq Abdul-Wahad et Jérôme Moiso mais c’était des exceptions et ces mecs-là n’ont pas percé comme Tony. C’est grâce à Tony qu’on sait en France qu’on existe et qu’on a le droit de rêver. Il a permis aux gens de rêver et rien que pour ça, c’est magnifique ce qu’il a fait. Si on faisait un classement des personnalités les plus influentes du sport, on pourrait mettre Tony en numéro un depuis 10 ans et il y serait encore pour 10 ans de plus. 

D : Est-ce que Tony Parker est reconnu à sa juste valeur en France ?

R : Oui je pense. Je sais que parfois on dit qu’on ne se rend pas compte de son impact, etc mais si on s’en rend compte. Je veux dire, il a fait la une des journaux tant de fois. J’ai encore vu ce matin sur toutes les chaînes d’info généralistes qu’on parlait de la cérémonie de cette nuit. Je pense qu’on sait la chance qu’on a eu d’avoir eu Tony. Je doute qu’il y ait un déficit d’image. Tony Parker c’est une top star aujourd’hui en France. Est-ce que ce n’est pas le plus grand sportif de l’histoire du sport français ? On peut se poser la question. Tu peux parler de Platini, Zizou, Marie-Jo Perec mais Tony Parker est dans la discussion. En plus, son implication avec l’ASVEL lui permet de continuer d’exister, il est dans le quotidien de tout le monde, il est dans l’actu. Il a un pouvoir de décision, c’est une figure majeure du basket en France aujourd’hui.

D : Est-ce que tu penses qu’il peut changer l’image du championnat français ?

R : Je l’espère. Il est en train de le faire à l’échelle de l’ASVEL. Il a ramené son club en Euroligue, ils gagnent des matchs, l’équipe féminine et masculine étaient champions l’année dernière. Et ils ont le plus gros budget de l’histoire du sport français… donc oui il est clairement en train de changer les choses.

D : Est-ce qu’il y aurait un autre Français qui pourrait avoir un impact similaire ?

R : Je leur souhaite à tous les gamins qui sont en train d’arriver, les Doumbouya, Poirier et Maledon qui va arriver derrière mais sincèrement, bon courage les gars. Là pour le coup, soyons conscients de la hauteur à laquelle il a mis la barre. Je me demande si on n’a pas vécu l’heure de gloire du basket français avec Tony parce qu’il a mis la barre tellement haute. 

D : Du coup, les standards pour les joueurs Français sont hauts non ?

R : Oui mais ça c’est bien. Aujourd’hui on a un Evan Fournier qui met 17-18 points par match, un Rudy Gobert qui est borderline All-star et c’est devenu monnaie courante en fait. On ne fait pas d’édition spéciale quand Evan Fournier met 20 points. Pourtant quand j’étais gamin, si un Français avait mis 20 points en NBA, on en aurait parlé partout. Et ça, j’aime bien. Ça veut dire qu’on banalise presque le fait d’avoir des Français performants et tant mieux, ça veut dire que c’est récurrent.

Un grand merci à Rémi Reverchon pour le temps consacré à cette interview et pour les réponses apportées à nos nombreuses questions.

Vous pouvez retrouver Rémi Reverchon à la présentation de l’émission Sunday Night Live chaque dimanche et dans l’émission NBA Extra du lundi au samedi de 12h45 à 13h30 sur beIN SPORTS 

© Crédit photo : PANORAMIC

beIN SPORTS est le diffuseur exclusif de la NBA en France La chaîne diffusera le NBA Paris Game le vendredi 24 janvier prochain. 

Tracy Ezeli

Basketball Junkiie & Rédactrice @dunkiin_fr + Bloggeuse & Motivational Writer @thatmoodswing

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