Basketball Side Hustles – Episode 2 : Les artistes musicaux de la NBA

Dans la catégorie musique des Basketball Side Hustles, je demande cette fois-ci les joueurs encore actifs dans la ligue. Nous en avons fini avec les vétérans et leur rap bars douteuses… Passons aux choses sérieuses.

On entre dans l’ère des millenials, qui ont vu les erreurs de leurs aînés et ont pris le temps de travailler leur art, avant de se lancer dans l’arène du hip-hop.

Voici à quoi ressemble la scène musicale NBA de nos jours :


1. LeBron James

Nouveau venu à Los Angeles, LeBron s’est empressé de se faire un nom dans la musique, en produisant l’album ‘Rap or Go To The League » de 2 Chainz. Car LBJ est un fan de hip-hip c’est bien connu. On a pu le voir rapper sur des morceaux pendant ses workouts à la salle de sport, ce qui avait lancé le #LeBronJamesChallenge en 2017. Il avait aussi fait un Carpool Karaoke avec James Corden et Ice Cube. Comment oublier sa performance sur le classique « Back That Azz Up » de Juvenile lors d’une battle face à Michael Beasley en 2014? La même année, LeBron avait fait un freestyle sur « You Know I Got It » de Rick Ross, ce qui nous avait laissés perplexes.

Le rap serait-il l’unique chose à laquelle le King n’excelle pas? Il a tout de même fait un featuring avec un autre MVP de la ligue en la personne de Kevin Durant sur le morceau « It Ain’t Easy« . Et non, ce n’est pas easy de performer sur tous les terrains, même quand on s’appelle LeBron James.


2. Lou Williams

Le meilleur 6e homme de la NBA s’est fait remarquer en tant que rappeur en 2011, en reprenant « I’ma Boss » de Meek Mill.

Le MC de Philly l’invitera ensuite sur son single « I Want It All« , ce qui lui donnera encore plus d’exposition sur la scène hip-hop.

LouWill nous présentera égalent sa version de « Panda » de Desiigner avant de sortir ses propres titres, « Send A Prayer » et « Rebound » au cours de l’année 2019.

L’arrière scoreur des Clippers aurait même pu entrer dans un beef avec Drake, puisque le rappeur canadien parlait de lui et de sa relation polygame dans sa chanson « 6 Man« .

Mais bon, étant donné son niveau, il a bien fait de ne pas rétorquer puisque même son cher ami Meek Mill s’y est essayé et s’est cassé le nez.


3. Kevin Durant

Dans l’article sur les premiers rappeurs de la NBA, vous aviez pu entendre la collaboration de 2016 entre Stephen Jackson et Kevin Durant sur le titre « Lonely At The Top« . Et bien, sachez que « Trey5 » était assez actif et sérieux sur son projet musical car au début des années 2010, il avait présenté les chansons « Rolls Royce » et « Worried About Tomorrow » en duo avec Privaledge.

Tout comme pour LeBron James, le flow de KD nous laisse assez dubitatifs. Ce n’est pas foncièrement mauvais mais on entend clairement que le hip-hop ne coule pas dans les veines de l’ailier des Nets.


4. Iman Shumpert

L’ancien arrière des Cavs fait du rap depuis toujours, mais c’est à partir de 2012 qu’il a commencé à nous présenter des mixtapes telles que « Th3 Post90s – 2wo 1ne » et « Shumpman : The MD« . Iman considère que le « rap est un art » et prend le soin de peaufiner l’écriture et la production de ses morceaux. C’était par ailleurs l’objet de ses études pendant ses trois ans à l’Université de Georgia Tech.

Parmi ses titres les plus populaires, on retrouve « HaNdel Bars« , « Anarchy » et « Promised« , en duo avec son épouse, Teyana Taylor. Malgré son union avec la chanteuse de Harlem, Iman n’utilise pas les contacts qu’elle a dans l’industrie, car il souhaite grimper les échelons uniquement grâce à son talent. Il a par ailleurs reçu le soutien de Pete Rock et de Busta Rhymes au cours de sa carrière.

Iman fait son petit bout de chemin dans le monde du hip-hop indé : il a été invité par FunkMaster Flex pour faire un freestyle sur la station radio new-yorkaise HOT97. Il a également sorti son EP « Substance Abuse » en 2019. Plus tôt dans l’année, Shump s’est fait remarquer pour son très bon freestyle sur le titre « Baby-sitter » de DaBaby et pour son cypher aux côtés de Kash Doll et King Los lors des BET Hip-Hop Awards. Iman a également performé avec Teyana Taylor lors du WNBA All-Star Game en juillet dernier.


5. Lance Stephenson

C’est en 2014 que l’on a pu entendre Lance rapper pour la première fois : il a fait un freestyle sur « Hot N***a » de Bobby Shmurda. Fort du buzz autour du titre, Stephenson a renouvelé l’expérience en proposant le morceau « Poppin » en 2015.

Puis en 2017, il a sorti son premier single « Better Believe It« , un morceau autotuné, très inspiré par la trap d’Atlanta, avec des ad-libs à la Migos.

En 2019, il s’est associé avec Lonzo Ball sur « Swerve« , un son très catchy qui a dû en faire danser plus d’un dans le locker room des Lakers.


6. Damian Lillard

Avant l’introduction de son alter ego Dame D.O.L.L.A., Damian Lillard publiait régulièrement des #4BarsRapFreestyle, soient des vidéos sur Instagram dans lesquelles le meneur de Portland démontrait ses talents de emcee. En 2015, il a été invité dans l’émission de radio « Sway In The Morning » pour faire un freestyle.

C’est aux côtés du légendaire Sway Calloway et avec (littéralement) les mains dans les poches que Dame va prouver que le hip-hop coule dans ses veines et qu’il spitte mieux que vos rappeurs préférés.

Son single bien écrit et plein de sens « Bigger Than Us » avec Paul Rey fera le buzz en 2015 et encouragera les ambitions de Damian dans la musique.

L’année suivante, Lillard nous a présenté son premier album, « The Letter O » qui a une vibe plutôt old school. Il a réussi à obtenir de belles collaborations sur ce premier opus : Jamie Foxx, Lil Wayne, Juvenile, Marsha Ambrosius ou encore Raphael Saadiq. Parmi les morceaux notables, on retrouvait « Loyal To The Soil », « Bill Walton » ou « Hero ».

Puis en 2017, l’album « CONFIRMED » est venu valider la place de D.O.L.L.A. sur la scène hip-hop. Cette fois-ci, 2 Chainz, Verse Simmonds et BJ The Chicago Kid avaient répondu à l’appel de Dame. Les morceaux à ne pas manquer sur ce projet sont « MARSHAWN LYNCH », « ANOMALY » et « SHOOTA ».

Son 3e album « Big D.O.L.L.A. » est à ce jour, le plus gros succès de Dame, avec des titres tels que « Ricky Bobby », « Sorry » ft. Lil Wayne, « Track Meet » mais surtout l’excellent « Money Ball » avec Jeremih, Danny from Sobrante & Derrick Milano.

Compétent sur un parquet et derrière le mic, Lillard est le meilleur artiste hip-hop qu’ait connu la NBA. Cependant, bien qu’il soit toujours sorti vainqueur de ses rap beefs avec Shaq Diesel et MB3FIVE, Dame D.O.L.L.A. devrait se méfier du jeune King qui ne cessera de le challenger jusqu’à prendre sa place sur le trône.


7. Victor Oladipo

Nous avons pu découvrir les talents de chanteur de Victor Oladipo lors du NBA Dunk Contest de 2015. Participant au concours à la Big Apple cette année-là, il avait fait son entrée en chantant l’iconique « New York, New York » de Frank Sinitra. Ayant agréablement surpris le public avec sa voix, il reprendra ensuite le classique « A Song For You » de Donny Hathaway.

Fort du succès du titre, le All-Star d’Indiana proposera l’EP « Songs For You » en 2017. Sur le projet, il collabore avec 2 Chainz sur Rope a Dope  » et Eric Bellinger sur « Unfollow ».

Dipo sera invité à remontrer ses prouesses vocales lors des NBA Awards 2018. Il faut savoir que Victor chante quasiment depuis toujours, puisque, comme beaucoup de chanteurs de R&B, il chantait dans la chorale de son Eglise quand il était enfant.

En 2018, Victor Oladipo a sorti son premier album, « V.O. » Il s’agit d’un très bon projet de rhythm and blues, sur lequel Dipo a pu s’associer avec des chanteurs reconnus dans le genre : Trey Songz, Tory Lanez et Eric Bellinger. PnB Rock l’a également rejoint sur l’excellent single « Connected« .

Nous étions obligés de mentionner Victor Oladipo, qui s’est crée son propre créneau : celui du basketteur-chanteur.


8. Andre Drummond

En 2017, il a fait un freestyle avec le rappeur Tailz, sur une prod assez catchy qui faisait penser que Dédé avait des bars… Pourtant, il est souvent hors tempo et ses lyrics ne sont pas de qualité. Cela n’a pas empêché Drummxnd (son rap name) de sortir un EP en 2018. Intitulé « FYI« , cet opus de 8 titres fait ce que l’on peut appeler de la « millenial music » soit de la musique moderne et entraînante, sans paroles profondes et très autotunée. Malgré « Change », le duo avec la chanteuse de R&B, Mila J et un bon titre, « Nu Vibe« , le projet de Drummxnd n’est pas très convaincant.

Son dernier single « Listen » est correct, mais cela ne vaut pas un Dame D.O.L.L.A. ou un MB3FIVE en termes de rap.


9. Lonzo Ball

En 2017, le nom de Lonzo Ball résonnait partout dans le monde de la NBA à cause (ou grâce) à la personnalité extravagante de son père LaVar. « Zo » a donc profité de l’intérêt des médias pour proposer de la musique à son public. De nature plutôt introvertie, Lonzo semble avoir trouvé sa voix dans le hip-hop.

Il sort « Born II Ball« , une mixtape « promotionnelle » avec des titres comme « Z02 » comme le nom de sa signature shoe et « BBB » comme le nom de l’entreprise familiale. Parmi ses faits d’armes, on compte aussi un diss track nommé « Kylie Kuzma« , qui avait été particulièrement mal reçu par le public. Car bien qu’il s’agisse du rap game, on n’est pas censé clasher son ami et coéquipier, encore moins en affichant les problèmes personnels de ce dernier. Déjà bashé par les médias, cela n’a pas arrangé les affaires de Lonzo qui s’attaquait alors au rookie de cœur des Lakers.

Ball a fini par comprendre la leçon et s’est uni avec son (ancien) coéquipier Lance Stephenson pour le single « Swerve« , sorti début 2019. La chanson est entraînante et aurait pu être un bon morceau si Lonzo avait un flow moins nonchalant et s’il n’était pas constamment hors tempo.

Dernièrement, le titre qui a fait parler, c’est « Last Days« , sur sa mixtape « 50&30« . Sur le morceau, Zo affirme que les Lakers vont regretter de l’avoir tradé…

« Yeah, you know I’m all about business, L.A. is gonna regret their decision. Trade to the money, you know how we get it. We count up the cash and we add up the digits. »

Il y a également du travail à faire sur les bars, mais laissons le meneur des Pelicans se concentrer sur le basket.


10. Marvin Bagley III

Le sophomore des Kings le dit clairement dans sa bio sur les réseaux sociaux : c’est un artiste hip-hop. Jusque là, les basketteurs ayant fait du rap ne l’affichaient pas aussi fièrement que le jeunot de Sacramento. Il faut dire que tous n’ont pas son niveau. Car oui, Marvin ou plutôt « MB3FIVE » fait partie de l’élite des athlètes sur la scène hip-hop.

Pour lui, tout a officiellement commencé en 2018 avec des titres tels que « Big Jreams » et « Juice« , de bons jams hip-hop sur lesquels MB nous montrait un échantillon de son talent. Drafté à la 2e position en 2018, il a profité de sa nouvelle notoriété pour faire connaître sa muslque. Cette année, il nous a proposé son premier EP intitulé « Trifecta » sur lequel on retrouve le party anthem « Going Crazy ». Puis, MB3FIVE a sorti son premier album, « Big Jreams ». C’est un très bon projet proposé par le jeune artiste de 20 ans. Je vous recommande particulièrement les morceaux « Had To Make It », « Hate To See It », « Untouchable », « Y.K.T.V. »… En gros, écoutez tout l’album.

Évidemment, je me dois de mentionner « Checkmate« , le diss track de MB3FIVE sur Damian Lillard aka Dame D.O.L.L.A. Bien qu’il ait perdu cette battle, Marvin a eu raison de s’attaquer à Dame car c’est comme ça que fonctionne le hip-hop, il faut s’en prendre au meilleur emcee du game pour prendre sa place. En plus, cela a crée un joli buzz autour de Bagley, ce qui était probablement le but recherché. Marvin est prometteur, talentueux et tout comme pour sa carrière de basketteur, il aura le temps perfectionner son art.

Tracy Ezeli

Basketball Junkiie & Rédactrice @dunkiin_fr + Bloggeuse & Motivational Writer @thatmoodswing