Les meilleurs documentaires ESPN 30 for 30 sur le basketball – Première partie

La National Basketball Association est la meilleure ligue de sport de tous les temps et cela est dû à ses matchs incroyables, à ses athlètes d’exception mais aussi à ses moments
inoubliables. La NBA est toujours pleine de rebondissements (sans jeu de mots) et c’est pour ça qu’on l’aime tant.

Pour rester à jour et continuer d’en apprendre toujours plus sur le basket, quel meilleur moyen que de regarder des documentaires ? Il y a les livres aussi, c’est vrai… Mais ici, je vous parle des meilleurs documentaires sportifs que vous aurez l’occasion de voir : les « films » 30 for 30 d’ESPN. Ce sont tout simplement des chefs d’œuvre et en plus, ils sont addictifs. Prêts à vous initier ? Je vous fait un récap’ de mes documentaires favoris, réalisés par ESPN.


Without Bias

Ce documentaire revient sur le destin tragique de Leornard Kevin Bias dit Len Bias, un jeune prodige de la NCAA qui était attendu comme un game changer de la NBA. Sa hype était tellement haute que l’on disait de lui qu’il allait être un concurrent de poids pour nul autre que Michael Jordan.
Malheureusement, Bias n’a pas eu la chance de jouer dans la grande ligue, puisqu’il est décédé 48 heures après avoir été drafté. En effet, ce sont les champions en titre de l’époque, les Boston Celtics qui avaient obtenu le second choix de la Draft 1986 et avaient choisi d’ajouter Len Bias à leur roaster, déjà composé des Hall of Famers Larry Bird, Kevin McHale et Robert Parrish.

Heureux d’avoir été sélectionné par cette franchise légendaire, Len Bias a eu envie de fêter l’évènement avec ses amis et coéquipiers de l’Université du Maryland, dans laquelle il avait fait ses classes. Il est allé jusqu’à devenir deux fois meilleur joueur de la conférence ACC (avec 23 points et 7 rebonds) et même champion avec les Terrapins. Après avoir fait une
distribution de chaussures et de vêtements, il s’est tourné vers un autre type de célébration. La fête battait son plein et l’un de ses amis lui a proposé de consommer de la cocaïne, ce que le 2e choix de la Draft n’a pas refusé. Il finira par faire une crise cardiaque avant de perdre la vie. Len Bias n’avait que 22 ans et tout le monde s’attendait à ce qu’il fasse de grandes choses à la NBA, mais le destin en a voulu autrement…

ESPN retrace son parcours à l’université et recueille des témoignages de son entourage, de ses coéquipiers, de son coaching staff, mais aussi celui de la personne jugée responsable de son overdose. Le documentaire fait l’état des lieux de la ligue et de la vie sans Bias, tout en imaginant ce que le jeune joueur du Maryland aurait pu devenir.
L’histoire de Len Bias nous rappelle que peu importe l’avenir qui nous est tracé, la vie peut basculer à tout moment si l’on prend les mauvaises décisions. Ce fait divers avait
énormément choqué et attristé le monde du basket, mais aussi réveillé les consciences sur la consommation de drogues sur le campus par les jeunes Américains.


Winning Time : Reggie Miller vs. The New York Knicks

Ce 30 for 30 revient sur la rivalité entre deux franchises, les Indiana Pacers et les New York Knicks, à cause d’un conflit assez inattendu entre un joueur, Reggie Miller et… un fan et pas des moindres : Spike Lee. Le réalisateur oscarisé de « Do The Right Thing » et de « BlacKKKlansman » est l’un des plus grands fans de NBA au monde et l’une des figures emblématiques de la franchise de la Big Apple.
Car oui, bien avant que Drake ne se fasse remarquer pour son trash-talk et son comportement d’agitateur sur le courtside, Spike Lee était probablement le fan le plus
bruyant et enjoué que l’on ait vu sur un parquet. Cela n’était forcément pas au goût devReggie Miller, l’un des rois du trash-talk, qui avait un jour réussi à entrer dans la tête de Michael Jordan. Le shooteur légendaire d’Indiana ne laissait personne lui marcher dessus, et ce n’était certainement pas un fan qui allait venir le contrarier dans sa quête de titre.

Ainsi, le documentaire d’ESPN nous raconte cette opposition improbable entre Miller et Lee, lorsque les Pacers et les Knicks de John Starks et de Patrick Ewing s’affrontaient pendant les Finales de Conférence 1995. On a la chance d’avoir les témoignages des deux protagonistes, qui reviennent avec humour sur cet épisode assez fou de la NBA.
Cette série nous a donné des moments cultes, tels les 8 points en 9 secondes de Miller pour recoller au score ou encore le fameux « Choke Sign » (geste d’étranglement) envers le réalisateur-star de New York.

On en apprend beaucoup sur Reggie Miller et sur les raisons qui l’ont poussé à commencer le trash-talk… Sa sœur aînée, la Hall of Famer Cheryl Miller est l’une des plus grandes joueuses de basket de l’Histoire. Elle a battu tous les records au lycée et à
l’université, notamment en marquant 100 points lors d’un match. C’est pourquoi, dans son enfance, Reggie se faisait toujours charrier par les autres enfants car Cheryl gagnait à tous les coups. Il a donc commencé à se défendre en utilisant les mots afin de se défendre et pour les déstabiliser. C’est une habitude qu’il a gardé une fois arrivé à la NBA.
Je vous recommande fortement ce documentaire, très bien réalisé et assez drôle. Et au
passage, vous serez surpris de voir le jeune et fougueux Spike Lee sur un bord de terrain… Comparé à lui, Drake est sage comme une image avec les Raptors.


No Crossover : The Trial of Allen Iverson

Ce documentaire d’ESPN traite d’un évènement marquant de la vie d’une légende de la NBA : Allen Iverson. Le jeune AI est né en 1975, à Hampton, ville dans laquelle les tensions raciales étaient encore très présentes à l’époque, à cause du fort héritage ségrégationniste de l’état de Virginie.

Le 14 février 1993, alors qu’il est dans un bowling avec des amis, une violente bagarre éclate. Des coups de poings sont échangés et des chaises sont lancées sur les individus présents. Cet incident a donné lieu à un dépôt de plainte et après révision de la vidéosurveillance, Iverson et trois de ses amis ont été arrêtés.

Clamant son innocence dès le début des investigations, AI3 a plaidé non-coupable et a du faire face à un jury pour être innocenté. C’est alors qu’a commencé son « trial », son procès, sur lequel s’est concentré ESPN. Les faits se sont déroulés dans les années 1990, alors qu’Iverson n’était qu’un lycéen passionné de basketball et surtout de football
américain. Venant d’une famille modeste, élevé par une mère célibataire, Anne car son père était déjà lui-même incarcéré, le jeune Allen n’avait pas forcément les moyens de se payer les services des meilleurs avocats. En plus, sa couleur de peau n’a pas joué en sa faveur, puisque la victime présumée était de type caucasien, tout comme la majorité des membres du jury lors de son procès. Etant donné le ressentiment d’une partie de la population envers les personnes de couleur, il y avait peu de chances qu’Iverson sorte indemne de cette affaire.

Par ailleurs, l’un des témoins l’avait personnellement identifié comme étant l’assaillant d’une jeune femme (caucasienne), qu’il aurait frappé avec une chaise.
Ainsi, malgré des preuves très douteuses, notamment des images vidéos ne montrant pas
distinctement Iverson, il a été condamné à 15 ans de prison. Heureusement, il ne passera
que 4 mois derrière les barreaux car il sera gracié par Doug Wilder, le gouverneur de la Virginie.

Le documentaire s’arrête sur toute cette affaire et poursuit avec la reprise du basketball pour AI jusqu’au plus beau jour de sa vie, la Draft 1996.
Beaucoup connaissent la personnalité haute en couleur de « The Answer », mais peu connaissent la profondeur et l’intensité de chaque étape de sa vie. Regardez « No
Crossover : The Trial of Allen iverson » et plongez-vous dans l’un des moments qui a forgé l’identité de notre Allen bien-aimé.


Once Brothers

« Once Brothers » revient sur l’amitié entre deux hommes, deux géants du basket européen : Drazen Petrovic et Vlade Divac. En effet, ESPN s’est penché sur le destin du meilleur shooteur de l’histoire selon Reggie Miller et du lieutenant de Chris Webber à Sacramento. Ensemble, ils ont fait les 400 coups, notamment en remportant la médaille d’argent aux JO 1988 et en gagnant la Coupe du Monde 1990 avec la Yougoslavie, après avoir battu les Etats-Unis et la Russie.

C’est d’ailleurs au cours de cet évènement initialement joyeux qu’a commencé la césure dans la relation amicale entre les deux hommes. Lors de la célébration du titre sur le
parquet, un indépendantiste est venu brandir le drapeau de la Croatie, pays d’origine de Petrovic. Ce geste a été condamné par Divac, originaire de Serbie, qui a arraché le drapeau des mains du fan et l’a jeté au sol.

Pour rappel, jusqu’en 1991, des nations telles que la Slovénie de Luka Doncic, le Monténégro de Nikola Vucevic ou encore la Serbie de Nikola Jokic, étaient tous réunis au sein de la Yougoslavie, bloc d’états-nations du Sud-Est de l’Europe. (Imaginez une équipe nationale avec tous ces joueurs… )
Le contexte politique étant compliqué à l’époque à cause de nombreuses revendications indépendantistes, Divac ne souhaitait pas que la victoire de la Yougoslavie soit politisée. Cela devait être un moment de joie et d’unité pour tous les peuples slaves.

Cependant, ce geste a été interprété de manière complètement différente par Petrovic, qui l’a perçu comme un manque de respect envers sa nation. Dès lors, leurs relations se sont
dégradées allant jusqu’à une rupture totale de contact entre les anciens coéquipiers. Ils n’ont malheureusement jamais eu l’occasion de se réconcilier car Drazen Petrovic est décédé dans un accident de voiture le 7 juin 1993.
Petrovic a été drafté en 1986 (tout comme Len Bias mentionné ci-dessus). Son début de 4carrière a été assez frustrant parce que le shooteur Croate n’arrivait pas à s’intégrer à la culture américaine et n’avait pas réussi à se faire une place dans le cinq majeur des Trail
Blazers. C’est finalement en quittant Portland en 1990, pour aller à New Jersey que Petrovic a commencé à s’épanouir dans la ligue. Avec les Nets, il va se faire un nom et être reconnu comme étant l’un des meilleurs shooteurs à 3-points de l’Histoire. Son accident fatal a laissé la NBA en émoi et nous fait encore nous demander « et si ? », car Drazen Petrovic était à son prime quand il nous a quitté.

Aujourd’hui, c’est sa mère, Biserka Petrovic, qui fait perdurer la légende de son fils, devenu une icône pour les basketteurs européens tels que Dirk Nowitski et Goran Dragic. Vlade Divac s’est joint à elle dans cet objectif. « Once Brothers » est une manière pour lui de rendre hommage à son coéquipier, son ami, son frère, avec lequel il aurait eu encore tant de choses à partager. « Once Brothers » est un excellent documentaire qui nous replonge dans l’univers de la NBA, avec un bel accent européen et une histoire d’amitié brisée.


The Fab Five

Le Fab Five. En termes de groupe d’influenceurs de la culture basket, difficile de faire mieux que ces cinq jeunes hommes.
Chris Webber, Jalen Rose, Juwan Howard, Jimmy King et Ray Jackson faisaient tous partie de l’équipe réunie par l’Université de Michigan au début des années 1990. Ces recrues ont marqué la NCAA, notamment pendant les campagnes 1991-1992 et 1992-1993, durant lesquelles ils ont fait un back-to-back en Finales. En plus, d’être prolifiques sur le parquet, ils ont eu un réel impact hors du terrain.


C’est au Fab Five que l’on doit des changements de style drastiques dans le monde du basket : les « baggy » shorts par exemple. Ils avaient refusé de jouer avec les shorts courts et prêts du corps vêtus par les légendes de la NBA. Prenons un moment pour les
remercier car il fallait que quelqu’un mette fin aux minishorts sur les terrains.
En plus, des shorts longs, le Fab Five a popularisé les chaussettes noires portées avec des sneakers noires. Pour aller plus loin dans le style et se donner une identité propre, ils sont
allés jusqu’à tous se raser la tête. Webber, Rose, Howard, King et Jackson ont révolutionné la culture basket alors qu’ils n’étaient qu’étudiants-athlètes à l’Université. Comme quoi, on n’est jamais trop jeune pour influencer son monde.
Impact sportif, impact culturel…. L’histoire du Fab Five aurait pu se terminer ainsi mais le destin s’en est mêlé une fois de plus.

Il y a tout d’abord eu « The Timeout », le tristement célèbre temps-mort imaginaire demandé par C-Webb alors que les Wolverines étaient menés 73-71 face à North Carolina lors des Finales NCAA de 1993. Ce manque de lucidité sur le jeu avait coûté le titre à l’équipe de Steve Fisher et a marqué le début de la fin de l’amitié entre les membres du Fab Five. Enfin, plutôt le début du conflit entre Chris Webber et Jalen Rose (soutenu par Howard, King et Jackson) qui ne se sont pas réconciliés depuis.

ESPN se penche également sur le « scandale Ed Martin », dans lequel était impliqué Chris Webber, qui aurait perçu une somme d’argent astronomique de la part de ce booster (une sorte de donateur/bienfaiteur pour une équipe NCAA). Pour rappel, les étudiants-athlètes de la National Collegiate Athletic Association n’ont pas le droit recevoir un centime de qui que ce soit, alors qu’ils sont exploités de manière outrageante (mais nous en discuteront un autre jour).
L’affaire était allée très loin puisqu’il y a eu une enquête approfondie et Webber aurait témoigné (et menti ?) devant un grand jury, avant d’être banni de l’Université du Michigan pendant 10 ans.

Le documentaire revient sur ses quelques années au sommet pour les cinq membres des Wolverines qui ont fait les beaux et les mauvais jours de la NCAA.
Produit par Jalen Rose, le 30 for 30 ne contient pas les témoignages de Chris Webber, qui aurait refusé de prendre part au projet. Si vous ne connaissez pas le Fab Five ou bien si vous souhaitez vous infiltrer dans le monde de la NCAA, ce documentaire est fait pour vous.

Tracy Ezeli

Basketball Junkiie & Rédactrice @dunkiin_fr + Bloggeuse & Motivational Writer @thatmoodswing

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